Puis, chez nous, avec mes parents, mes frères et soeurs, et les copains-copines du quartier : l’odeur du feu de cheminée, le son de la neige qui craque sous nos pas, la fraîcheur de la rivière dans laquelle nous jouions, la jouissance de la beauté des montagnes, et, celle de l’amitié.

La nature m’a vu grandir


J’ai eu la chance qu’elle m’élève, alors que mes parents nous y laissaient des heures durant sans crainte.

J’ai commencé la danse sur la terrasse attenante à l’immeuble où nous habitions à ce moment-là, là où tous les enfants du quartier se retrouvaient pour jouer au ballon ou à la marchande. Je proposais des spectacles où se mêlaient théâtre, danses, jeux parés de moultes déguisements. Je n’imaginais pas alors que je deviendrai chorégraphe, et que mon plus gros projet aurait lieu dans cette même vallée des années après devant 1600 personnes.

J’ai grandi dans les igloos l’hiver, les cabanes dans les arbres l’été. Je me suis construit un univers poétique où l’animal a les mêmes droits que l’être humain, où vivre à l’écoute des saisons est primordial, naturel.

Je pense que j'ai choisi la danse pour ne pas parler, avide de communiquer, mais incapable à l’époque de le faire autrement que par le mouvement.
Et, pour ne pas me laisser museler. J’étais une enfant plutôt sauvage. J'ai cherché mon chemin en dehors des sentiers battus, j’ai tracé mon sillon dans les traces de mes ancêtres qui cultivaient les abricots, la lavande et les pommes de terre. J’ai choisi l’expression du corps qui avait été, toute mon enfance, imprégné par les éléments, les saisons, l’éveil des sens et des sensations.

Très jeune, je me suis dit : « Je ne serai pas enfermée dans un bureau, j’aurai bien plus que cinq semaines de congés par an, je travaillerai pour vivre et non pas le contraire. Je vivrai comme bon me semble, à l’écoute de mes besoins, de mes instincts, de mes impulsions : je serai mon propre patron ». Et je l’ai fait.

L’éveil des sens avec la danse

Même si d’emblée, je ne voulais pas la pratiquer la danse en studio, ou dans les boîtes noires des théâtres, habituée à vivre au grand air. J'ai ainsi commencé à donner des stages et des spectacles en nature, en 1996. Puis, j’ai accepté plus tard de m’enfermer pour travailler, passionnée par mes recherches.

Danser en plein air, c’est apprendre à voir la terre autrement, c’est changer sa vision et son rapport au monde.

La nature est source de créativité. Si l’on apprend à l’observer et si l’on prend le temps de s’en imprégner, des gestes simples apparaissent en harmonie avec notre environnement. Ces éléments véhiculent de l’énergie et participent à l’équilibre de notre univers si fragile et menacé.

Être créatif dans ce type de milieu nécessite un état d’esprit ouvert et sensible à la fois incliné vers nous-mêmes, à l’écoute de nos propres élans, et tourné vers ceux qui nous entourent : les arbres, les insectes ou les fleurs...

Prochain stage en lien avec les sens :

- "Le plaisir des sens" en Grèce du 23 au 29 mai : encore deux places disponibles ! 
- Même stage au Maroc du 27 octobre au 3 novembre : renseignements sur demande :)