Le désert se mérite. C’est long pour atteindre notre destination. Petit à petit, on se calme. c’est comme si ce long trajet était nécessaire pour s’acclimater et se préparer à notre arrivée dans cet espace infini qui peut effrayer. C’est comme si le temps était nécessaire à nous, les occidentaux toujours pressés, exigeants et incapables de ne pas nous plaindre. On compare, on calcule, on juge. On a du mal à faire avec, à accepter ce qui est : on voudrait toujours mieux, toujours plus, toujours autrement…



Je pense que l’espace, l’immensité, le vide jouent dans mon ressenti à l’approche du désert. Le fait de voir loin, immensément loin, sans aucun obstacle qui se dresse devant notre regard permet cette ouverture hors du commun.


Mon ressenti : De l’espoir, de la vie et du vide


Je ressens une sensation intéressante du type « Tant pis par rapport à ce qui peut se passer ailleurs, avec Vinc, ou le travail. Je suis là et je me sens pleine”. Pleine d’espoir, de vie et de vide. C’est étrange cette sensation de vide… Un vide plein. Un vide agréable, pas angoissant. Un vide pour laisser la place. La place à l’inconnu, à la surprise, à la nouveauté.


J’ai envie de faire un bilan :

L’argent n’est plus un problème mais un invité. Un invité surprise ou régulier. Un invité pour qui on prépare bien la chambre, le lit avec des beaux draps bien repassés, la salle de bain avec une serviette grande et hyper douce, le petit déjeuner avec le smoothie et le cake maison. Un invité pour qui on met la belle vaisselle, la nappe et les bougies.
J’arrête d’hésiter : entre vivre ici, ou ailleurs, ou les deux à la fois. Entre proposer des programmes vidéos ou en présentiel. Entre un business en ligne ou un lieu où sont programmés une série de stages ou les deux à la fois.
Je suis claire : j’ai trié, jeté, rangé, donné et ai abandonné mon passé.
J’habite dans notre maison contemporaine et nous avons nos bureaux indépendants de notre lieu de vie. Il y a une piscine dans laquelle je peux nager. Je sais m’arrêter de travailler pour profiter de mon mari, de mon chien, de mes enfants quand ils sont là. Je ne veux plus vivre étriquée, faire petit, ou même penser petit. Je veux penser grand, croire que tout est possible, tout peut arriver.
J’ai créé un réseau d’amis et d’amies partenaires intéressants, passionnants et stimulants.
Je pars en voyage tous les deux mois minimum. C’est déjà le cas cette année...
Je suis reconnue, car je me reconnais moi-même. Je suis aimée parce que je m’aime moi-même. Je suis estimée car je m’estime moi-même. Je suis accompagnée car je m’accompagne moi-même...
Je sais où je vais, pourquoi je le fais, et suis pleine de projets sans me disperser, sans me perdre.




A la tombée de la nuit…


Le jour tombe, dans des tons orangers, rouge et des traînées blanches comme leurs tapis. J’aime définitivement l’Afrique du nord et ses habitants.Ici, dans le sud, ils voient la nuit comme les chats. Ils n’ont pas besoin de lumière comme nous à peine il fait sombre.


J’aime cet endroit car j’ai l’impression de renouer avec mes origines, comme si je retournais à l’essentiel.


Ils sont moins stressés que nous les 3/4 du temps. Ils prennent les choses comme elles viennent. Au plus on descend au sud, au plus ils sont fatalistes.


Un jour j’ai assisté à une scène étonnante : un accident de voiture était survenu et une personne était morte. Il n’y avait aucune trace de panique dans l’air. Un peu de silence et de constat mais pas du tout la même ambiance qu’il y aurait eu chez nous. Au point qu’à aucun moment je ne me serai imaginée qu’il y avait eu un décès ici. Ça m’a beaucoup surprise.


Je sens que la Vie n’est pas facile mais cela ne les empêche pas de rire, de sourire et d’avancer. Certes ils ne vont pas souvent au ciné, ni voir un spectacle de danse contemporaine, ni ne voyagent dans le monde. Mais je n’ai pas l’impression qu’ils soient plus malheureux.


Nous sommes arrivés à Zagora. Je me suis endormie dans la voiture au son des gnawas. Je réouvre les yeux sur cette couleur ocre qui prédomine ici. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup moins de pollution qu’avant, qu’il y a eu un réel effort de fait avec les papiers et les sacs plastique.


Je suis arrivée à l’hôtel. Un couscous nous y attend. Je discute avec le groupe qui était au campement juste avant nous. Il fait froid la nuit. Le lieu est superbe. Profitez !

Demain nous prenons les 4*4 à 10h...