Quand je vois ma Gaïa danser, je ressens un je ne sais quoi qui se serre dans mon Coeur. Je ne peux m'empêcher de détacher mes yeux d’elle quand elle est dans un groupe sur scène, je suis comme aimantée par son énergie, tant elle est belle. Je ne regarde qu'elle.


Bien sur c'est ma fille, direz-vous, mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, quand je travaille avec elle, nous avons des rapports de danseuse à chorégraphe. Oui, c'est possible, et je suis capable d’avoir du recul et de rester critique. Elle n'est pas tout le temps « juste » (comme on le dit dans notre jargon), mais elle est habitée. En elle, le mouvement est fluide, elle a cette grâce féminine à faire pâlir d'envie toute femme qui sent que c'est inné chez certaines, et tellement compliqué chez d’autres.


Son corps vibre de vie, ses cellules savent par où le mouvement passe, elle comprend vite, très vite ce qu’on attend d’elle, et ne se fourvoie pas. Elle est majestueuse, une âme qui a dû être une déesse dans une vie antérieure, tant les gestes de ses mains savent où se placer.


Elle a un sens de l'espace et du temps (du rythme) intuitif. Elle a du sang africain, de cette terre qui bat et qui sait ce qu'est la palpitation de la vie organique, essentielle. Elle a une intelligence du mouvement hors du commun et saute comme une gazelle, et bosse jusqu'à ce que ça coule ; c'est beau, c’est touchant, ce n'est pas le cas pour tout le monde, pour elle, c'est évident.


Elle danse et tout son être s'éveille

Je suis particulièrement fière d’avoir participé à son évolution de danseuse, d’une manière ou d’une autre, en partageant mon vécu, mes croyances, mes recherches et en la mettant en scène.

Je suis nostalgique de ses déplacements dans l’espace, de sa qualité d’être, de sa générosité avec le public, de sa présence et de sa beauté. Je ne suis pas la seule à en parler ainsi…


Je l’aime profondément vous l’avez compris et suis tellement heureuse d’avoir pu partager ma passion avec mon unique fille, tellement féminine.


Elle m’a beaucoup appris aussi, comme vous vous en doutez, de ne pas me perdre, de garder le cap, de me calmer lors des spectacles, de ne pas écouter les mauvaises langues, de rester droite quoiqu’il en soit.

Je vous souhaite à tous de partager vos passions avec quelqu’un, comme j’ai pu le faire avec ma Gaïa.

Voir sa fille s’éveiller sous les ondes de la musique, les courbes du corps, épouser les matières, ressentir du plus profond comme je tente de le faire comprendre à tous, a été un des éléments forts de ma vie. Je me souviens de mille détails, de sourires, de regards qui en disent long, sans qu’on ait à parler, et je remercie la vie chaque jour, oui chaque jour, de m’avoir permis de vivre cela.

N’oubliez pas de prendre soin des êtres chers à votre coeur.