Faire danser les lettres

"Un endroit où je laisse couler, sans retenue : les larmes, les mots, les images, les souvenirs."

Un rêve, un sommet inaccessible, du moins au moment où je commence…puis la pente semble moins raide.

Écrire pour transmettre, pour partager mon vécu, mes sensations, la façon dont mon corps a imprimé les différentes étapes de vie-mort-vie.

Écrire pour moi, pour les autres ?

Écrire en ayant un contenant, un lieu dans lequel je m’autorise le processus. Un endroit où je laisse couler sans retenue : les larmes, les mots, les images, les souvenirs.

Écrire pour mettre en mots mon ressenti, moi qui ai été danseuse, et qui suis femme, mère, professeur, accompagnante, épouse…

Écrire pour décrire toutes ces émotions, tout ce que je cachais bien enfoui pour ne pas faillir.

Écrire, et lire, et être,
plutôt que faire,
Enfin !

Écrire, et me laisser aller, plutôt que contenir pour ne pas faire de vagues, pour ne pas “exagérer”, déjà que j’ai une super vie, faudrait pas charrier…

Me souvenir : mamie Ninette qui me demande “et toi c’est quoi déjà ton métier ?” “danseuse, mamie” “Oui, mais pour gagner de l’argent, tu fais quoi ?”…

Laisser remonter tous ces moments : tant de joies, de peurs, de doutes, de pleurs, et de joie à nouveau.

Les transcrire, les donner à voir, comme lorsque j’étais sur scène.

Je donnais à voir des corps, des gestes, des espaces pleins et d’autres vides, des traversées, des intentions, des directions, des mouvements qui viennent du dedans, qui gémissent, qui hurlent, ou qui rient à pleins poumons, et qui, en général, disent la vérité.
Car le corps ne ment pas.

J’ai commencé à écrire il y a des siècles.

Des poèmes lorsque j’étais ado. Je couchais sur le papier ce que je vivais à l’intérieur, sans oser le dire, de peur de ne plus appartenir, de ne plus faire partie, de disparaître même…sait-on jamais. Le monde des adultes peut être tellement étrange…

Tellement de choses à partager, tellement d’envies de vie, tellement le souhait d’inspirer.
Je le fais d’a-bord pour moi, au bord de moi, pour avoir du recul, ou au contraire pour plonger en moi…

En tant que femme en quête de sa nature profonde, en tant que mère qui aimerait rendre ses enfants fiers d’elle, en tant que future grand-mère qui espère soutenir ses petits enfants, en tant qu’accompagnante pour continuer à émoustiller sa communauté…

Comment ça a commencé ?

Lorsque j’étais au lycée, alors que je voyais Françoise, l’intello de la classe, écrire si bien…J’avais osé lui faire lire un passage de ce que j’écrivais à l’époque. A mon grand étonnement, elle ne s’était pas foutue de moi. Elle m’avait conseillé d’adhérer au parti socialiste car ce que j’écrivais devait sentir la sauveuse, la rebelle, la femme sauvage, je serai curieuse de relire ce que j’écrivais à l’époque…

J’ai eu l’immense chance d’avoir de très bons profs en terminale, dont notre chère prof de philo qui devait avoir 27 ans, à peine une dizaine d’années de plus que nous. Une super prof de maths aussi, qui m’a fait aimé les maths, et grâce à laquelle j’ai eu de bonnes notes au bac. Une super prof de français aussi, qui m’a donné envie d’écrire…

J’ai aimé les textes, la langue, la philo et j’ai fait un bac A. J’adorais Marguerite Duras, Dos Passos, Gabriel Garcia Marquez (quel chef d’œuvre ce 100 ans de solitude !), mais aussi Kafka, ou des auteurs américains dont j’ai oublié le nom là de suite.

J’ai écrit bien sûr, comme beaucoup d’ados non ? J’avais déjà une certaine aptitude à ressentir la souffrance. Celle des plus démuni.e.s, des fragiles, des paumés, des délinquants…

J’avais besoin de dire ma colère par rapport à l’injustice : celle des inégalités raciales, des discriminations de genres. Quelque chose en moi bouillait de fureur à cause des déséquilibres entre les hommes et les femmes considérées comme des objets, reléguées à la maison et aux tâches domestiques…

Extrait de 'Ça danse en moi' Résidence d'écriture Juillet 23

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Les articles récents

On aimerait tous vivre le rapport entre l’âme et le corps comme une union heureuse, une harmonie musicale, une amitié profonde. Malheureusement, peu d'entre nous y parviennent. Heureusement de nombreuses pratiques ont vu le jour afin de répondre aux besoins inassouvis en termes de relation à son corps pour ne plus être en guerre avec lui, ne plus le considérer comme une bête noire.

On aimerait tous vivre le rapport entre l’âme et le corps comme une union heureuse, une harmonie musicale, une amitié profonde. Malheureusement, peu d'entre nous y parviennent. Heureusement de nombreuses pratiques ont vu le jour afin de répondre aux besoins inassouvis en termes de relation à son corps pour ne plus être en guerre avec lui, ne plus le considérer comme une bête noire.

On aimerait tous vivre le rapport entre l’âme et le corps comme une union heureuse, une harmonie musicale, une amitié profonde. Malheureusement, peu d'entre nous y parviennent. Heureusement de nombreuses pratiques ont vu le jour afin de répondre aux besoins inassouvis en termes de relation à son corps pour ne plus être en guerre avec lui, ne plus le considérer comme une bête noire.